Janvier est signe de résolutions, de prise en charge et de remise en forme. C’est le mois où pratiquement tout le monde recommence à s’entraîner, avec de la bonne volonté, et en parle pour s’encourager. Pour moi, ce mois a réveillé un petit démon qui s’était bien caché et ne voulait surtout pas faire ressortir une peur bien enfouie…

Ça fait maintenant 5 ans que je n’ai fait aucun sport. Littéralement ! Aucun entraînement physique intense, de sport d’équipe ou d’abonnement dans un gym. 5 ans où je bouge et je marche beaucoup, en plus de faire du yoga de temps en temps, mais où le sport plus intense était impensable pour moi.

Les méthodes compensatoires des troubles alimentaires

Lorsque l’on a un trouble alimentaire, on trouve plusieurs comportements pour compenser l’absorption de calories. Pour ma part, c’était principalement le sport. C’était mon mécanisme de défense et en plus, c’était bien vu de s’entraîner. À l’époque, j’habitais dans une tour de condo et le gym était devant mon condo (sans farce). Je pouvais y aller quand je voulais, le nombre de fois que je voulais, et ce, sans aucun jugement de personne.

Le seul exercice que je pratiquais était du cardio afin de voir sur le tableau l’augmentation du nombre de calories brûlées… ça me rendait tellement fière et me légitimait de manger. Je ne voulais surtout pas faire de musculation et prendre de la masse musculaire et voir le poids augmenter sur la balance.

Cette période a duré une bonne année … jusqu’au jour où je m’entraînais seule et je me suis évanouie en débarquant du vélo stationnaire. Je me suis réveillée quelques minutes plus tard, par chance sans aucune blessure, et je suis sortie en pleurant en me disant que c’était la dernière fois que je mettais les pieds à cet endroit. Ce fut même une recommandation de mon médecin de ne plus faire de sport comme c’était devenu trop dangereux pour ma santé.

Suite à ma guérison, la relation que j’entretenais avec le sport était négative. Pourtant, je connaissais tous les bienfaits et je suggérais à mes propres clients de pratiquer une activité physique. Mais pour moi, c’était une autre histoire.

À chaque fois que quelqu’un me parlait de son entraînement, de son marathon ou d’une pratique quelconque, j’avais une boule dans l’estomac et je tentais de démontrer que je trouvais ça génial pour lui, mais à l’intérieur de moi, j’avais mal. Toutes les publications sur les réseaux sociaux de gens au gymnase, qui inscrivait le nombre de kilomètres courus ou de médailles de marathon m’angoissaient. Ce n’était pas de la jalousie ou de l’envie, c’était la peur que j’avais de vouloir recommencer et pratiquer un sport de façon saine, mais sans savoir par où commencer.

L’élément déclencheur

Mon mari a commencé l’entraînement suite à un résultat de santé moins concluant qu’il l’aurait espéré et a décidé d’acheter un vélo stationnaire et de commencer à pédaler. Il ne s’est pas posé trop de questions, ne fais que 20 minutes par jour et se sent bien dans sa démarche. Je suis vraiment très fière de lui et sans même le savoir, il m’a inspiré. Ledit vélo est donc dans notre bureau. Le bureau dans lequel je travaille tous les jours… Et ce vélo, je l’ai déjà aimé, et j’ai déjà eu une belle relation avec lui avant mon trouble alimentaire. J’ai donc décidé, avec l’aide de la méditation, à l’apprivoiser de nouveau. À comprendre ma peur, la démystifier et me faire confiance que j’avais tous les outils pour ne pas retomber et retrouver une relation saine avec le sport. J’ai donc complètement transformé mon « mindset » et déconstruit la façon dont je voyais le sport afin de le rendre uniquement positif et sain pour moi.

Avant :

  • Je fais du sport pour brûler des calories.
  • Je m’entraîne pour perdre du poids.
  • Je fais du sport pour être plus ferme, moins « molle » et me sentir moins complexée dans mon corps.
  • Je m’entraîne pour pouvoir plus manger et peut-être même abuser d’une portion de dessert de plus lors du week-end.

Maintenant :

  • Je fais du sport pour me sentir vivante !
  • Je m’entraîne pour me dépasser, un tout petit peu, sans excès, à chaque entraînement, et être fière de moi.
  • Je fais du sport pour libérer mon esprit de mes contraintes et faire circuler l’énergie.

Et sans aucun doute, ma raison préférée :

  • Je m’entraîne pour libérer les hormones d’endorphines qui me feront sentir bien, dans un état de plénitude.

Note sur les endorphines qu’on aime tant !

Les hormones d’endorphines, plus précisément la dopamine, est l’hormone naturelle du bonheur, du plaisir et c’est grâce à elle que l’on se sent moins fatigué et plus productif. Le sport est l’activité qui libère le plus d’endorphines, et ce, plusieurs heures après l’effort.

J’ai commencé avec 15 minutes. Je l’apprivoise tranquillement. J’explore comment mon corps réagit, et les émotions ressenties. Je fais du vélo quand ça me tente et je ne mets aucune pression ni horaire. Vous savez quoi ? Ça se passe bien; je reprends confiance et je me sens sereine. L’entraînement est un volet important d’un mode de vie sain et il est important de trouver les bonnes raisons de pratiquer une activité quelconque afin d’être motivé et que ce ne soit pas une lourdeur dans votre vie, mais plutôt un moment bien à vous pour vous retrouver et prendre soin de vous !