J’ai écrit ce texte il y a quelques mois, avec beaucoup de recul de ma dernière année et quelques leçons apprises. J’avais envie de vous le partager et donner un peu d’espoir à ceux et celles qui sont dans une telle période de leur vie présentement.


Chaque matin, c’était le même combat avec moi-même. Le moment le plus difficile de la journée : Qu’est que je vais mettre? Dans quel vêtement vais-je me sentir bien? Dans quel pantalon je pourrais dissimuler mes formes que je trouve si grosses?

Lors d’une guérison d’un trouble alimentaire, il y a plusieurs étapes à franchir, dont la plus importante, recommencer à manger normalement, et par le fait même, reprendre un poids santé. Ça se fait graduellement, avec beaucoup de temps, mais on peut y arriver et j’en suis la preuve vivante. Et à mon âge, après avoir entamé la trentaine, lorsqu’il y a des fluctuations aussi importantes du poids, le corps change considérablement, ne s’en remet pas aussi facilement et ça demande un temps d’adaptation important.

Et vient le moment où nous devons faire le deuil de nos vêtements ridiculement trop petit…. Et plusieurs phases doivent être réalisées afin d’atteindre nos objectifs. Je vous l’ai avoué dans mon premier article, j’ai porté du 0. Du 0 !!! Même l’écrire aujourd’hui me perturbe encore. La définition de zéro est la suivante : « Le zéro, est un chiffre dont le nom est dérivé de l’arabe «sifr», signifiant vide. ». Le vide ! Encore une preuve que notre sens de la logique part à la dérive lorsqu’une personne est atteinte d’un trouble alimentaire.

La première étape est de s’acheter des vêtements transitoires en attendant de pouvoir reporter les anciens (avant d’être malade). Entrer dans les boutiques et essayer des tailles différentes, bien évidemment plus grandes et pleurer dans la cabine de découragement, d’être si fière de guérir, mais se trouver grosse et laide à un point de quitter la boutique, les mains vides, en perte de contrôle de ses pensées; je l’ai vécu, et ce, à plusieurs reprises…

Mais vient le temps où LA bonne journée arrive enfin, on prend notre courage à deux mains en achetant une taille raisonnable. Cette journée a été le début d’une longue période transitoire où j’ai dû accepter que mon corps change et soit différent. Mais il n’y a pas que des côtés négatifs; parce que notre santé elle, va bien! Comme notre système est si heureux de retrouver tous les nutriments dont il a tant été privé, il nous remerciera en nous donnant de l’énergie, des couleurs, une belle peau, une humeur positive et de moins en moins de pensées « maladives ». Il y a aussi l’étape du ménage de la garde-robe où le linge que j’appelais affectueusement « mon linge de jeune fille » doit quitter la maison.  C’est un autre deuil à faire, une autre phase à franchir et on se doit de faire la promesse de ne plus porter cette taille qui est automatiquement reliée à la maladie. Un conseil: ne donner pas vos vêtements à des copines ou de la famille et aller les porter dans des centres de dons. Les souvenirs et la nostalgie que représenteront ses vêtements pourraient être difficiles et non nécessaires à votre guérison.

Toutes ces étapes, tous ces défis, tous ces changements sont difficiles à franchir et surtout, demandent du temps. Toutefois, c’est possible et réalisable avec une réelle intention de guérison, du support de ses proches et de la patience. Vous êtes beaux et belles mais surtout, vous êtes capables !!