Le titre de mon article aurait pu être : « Comment ai-je perdu le poids pris durant ma grossesse » ou « Perdre x livres en 6 mois », mais je voulais attirer votre attention à cette question taboue du chiffre dont tout le monde parle : le poids !

Dans mon passé, je faisais partie de celle qui n’a jamais dit son poids à personne. À l’adolescence, par honte de ce que je voyais sur la balance et la comparaison constante aux autres et, à l’âge adulte, par simple habitude de ne pas avoir un chiffre assez petit. Par la suite, est venu le trouble alimentaire et le travail colossal de rebâtir une confiance en soi et de saines habitudes pour en arriver à une grossesse heureuse, un bébé en santé et une reprise naturelle d’un poids santé.

Alors pour répondre à la question « Combien je pèse ? » : la réponse est bien simple ; je n’en ai pas la moindre idée ; et ce, depuis les 4 dernières années ! Je me souviens encore du jour où j’ai pris cette décision. J’étais à l’hôpital Douglas pour un suivi et on me demande de monter sur la balance. À cette époque, j’étais en rémission et je recommençais à prendre du poids et à mieux m’alimenter. J’ai vu 122 livres sur la balance. Ce fut la goutte de trop. Je vous rappelle qu’à cette époque, quelques mois auparavant, j’étais « fière » de peser 112 livres, alors imaginez ma réaction lorsque quelques mois plus tard, j’avais 10 livres de plus…Suite à quelques discussions en consultation, ce fut la fin de la balance. Chaque matin, je la regardais (pour ne pas dire « je la maudissais ») et je résistais. Chaque soir, après un souper plus copieux où j’avais l’habitude de valider si mon poids avait changé, je résistais et je tentais du mieux que je le pouvais de me changer les idées. Cet « entraînement » a duré plusieurs semaines, voire des mois, jusqu’au jour où je me suis sentie assez forte pour ne plus avoir besoin d’un chiffre pour influencer mon alimentation, mon entraînement, mais surtout, ma confiance en moi.

Voilà pourquoi, lorsque je suis tombée enceinte, j’ai tout de suite parlé de mon passé à ma médecin qui a été très compréhensive et a même applaudi le fait que je ne veuille pas connaître l’évolution de ma prise de poids (me disant qu’elle trouvait libérateur d’agir ainsi). Je lui ai donc fait confiance à 100% afin qu’elle me confirme que tout allait bien, qu’il n’y avait ni excès ni perte et que le bébé était en santé.

L’après bébé ?

Entendons-nous, le premier mois où Xavier est entré dans notre vie, il n’y a pas vraiment eu de place dans mes pensées pour me préoccuper de ma perte de poids. Toutefois, je dois avouer avoir été chanceuse de perdre rapidement ma bedaine et je pouvais porter des vêtements amples sans trop que ça paraisse.

Je me souviens avoir été magasiner au mois de janvier pour des pantalons « transitoires » et être sortie découragée de la taille et de ce que j’avais l’air. Heureusement, j’ai eu le réflexe d’en parler et de ne pas le garder à l’intérieur afin d’avoir la compréhension de mes proches. C’est à cette période que j’ai décidé de laisser tomber cette préoccupation et de me dire que je n’avais ni le goût, ni le temps de mettre de l’énergie sur ma perte de poids et que, si je m’alimentais bien, j’écoutais ma faim, je faisais une activité que j’aimais (pour moi, c’était simplement la marche avec mon bébé), j’allais y arriver. Mais le plus important, c’était de ne pas m’en faire, de laisser du temps à mon corps de réapproprier ses formes et de rester zen.  Je ne me suis pas pesée,  j’ai rarement été angoissée comme auparavant sur ce sujet et, après environ 6 mois, je peux dire que tout était rentré dans l’ordre.

Certains diront peut-être que je suis « chanceuse » d’avoir une anatomie comme la mienne, d’autres diront que c’est ma façon de m’alimenter, mais moi, je suis convaincue que tout est dans mon attitude face à ma perte de poids, la disparition de mon pèse-personne et mon focus sur les bonnes choses.

Les effets du pèse-personne quotidiennement

Se peser tous les jours peut renforcer l’obsession que l’on a de son poids. Le matin où il y a une diminution de poids, on se sent mieux, plus en confiance et cela peut même engendrer inconsciemment un surplus de nourriture durant la journée. À l’inverse, si le poids est supérieur, il pourra y avoir un découragement et donc, une restriction alimentaire ou une session supplémentaire de sport. Il est important de savoir que plusieurs facteurs peuvent influencer le poids et expliquent les fluctuations au jour le jour :

  • Le moment de la journée
  • Les vêtements portés
  • La période du cycle menstruel
  • La consommation d’aliments salés
  • Le manque de sommeil
  • Certains médicaments
  • Le gain musculaire
  • La constipation
  • La quantité d’eau bue dans la journée, etc.

Alors, comment avoir un certain contrôle et ne pas partir à la dérive ? En s’observant ! Les vêtements sont souvent un bon indicateur tout comme l’observation dans le miroir (non excessif) afin de mieux connaître son corps.

Pour ceux et celles qui doute des effets que peuvent avoir le chiffre qu’ils voient sur la balance, posez-vous la question suivante : Qu’est-ce que ce chiffre m’apportera de plus ? Et si la réponse a un soupçon de négativité, de perte de contrôle, de diminution de confiance en soi, il serait peut-être préférable de l’oublier pour la journée (ou la semaine) et se concentrer à nourrir son intérieur sainement.